mardi 27 novembre 2007
Parking ou comment rester en vie en étant pauvre.
Il y a des villes où se garer devient un défi quotidien ou un trou béant dans le porte monnaie.
Bien sur, il faut que je travaille dans une ville de ce genre.
Aussi, je me suis longtemps indignée de devoir payer 100 euros mensuels pour pouvoir garer ma voiture sur mon lieu de travail.
C'est pourquoi il y a quelques jours, j'étais toute heureuse à la lecture d'un mail m'indiquant qu'une place de parking à 30 euros par mois seulement m'était attribuée. Il faut marcher un tantinet plus, certes, mais pour 70 euros par mois d'économie, j'accepte volontiers d'acheter une paire de chaussures en plus par an.
Face aux remarques plutôt négatives de mes congénères sur la situation de ce dit parking, je décide, ce soir même, de m'y rendre.
Le début est convenable car éclairé et fréquenté.
Quelques minutes plus tard, par contre, les choses se corsent. En effet, ce parking nécessite de passer à pied dans un tunnel, taggé de surcroit, sous un pont. Mais si, vous voyez, ce genre de tunnels où les filles se font violer dans tout bon film policier qui se respecte. Ben voilà, ceux là.
Bref, après m'être assurée qu'il n'y avait personne dans le tunnel ni aux abords, je passe avec succès, bien que légèrement apeurée, cette première épreuve.
C'est alors que, quelques mètres plus loin, je me retrouve à marcher dans une rue complètement noire, où, sans aucune exagération, je peinais à voir le sol. J'ajoute au passage que le trottoir de taille ridicule et quelque peu cabossé m'obligeait à marcher sur la route, afin d'éviter une chute impromptue qui m'aurait alors directement plongée dans la rivière. Oui parce qu'il va sans dire que toute cette route est longée par une rivière d'un coté, et par de gros sous bois de l'autre, permettant à tout meutrier novice dans le domaine de cacher très facilement le corps de sa victime n'ayant pas voulu dépenser plus de 30 euros par mois pour garer sa voiture.
Après avoir marché quelques 10 minutes dans cet endroit idéal pour un film de série B, j'arrive enfin à ce fameux parking. Eloigné de toute population, glauquement éclairé de lumière jaune pour être capable de repérer sa voiture dans la nuit, et entouré par des arbres épais, des rocs très hauts, et une rivière.
J'ai alors marché 10 minutes en sens inverse, retraversé ce tunnel en priant à nouveau pour qu'il n'y aie personne, et suis retournée au labo, en me jurant que le jour où je souhaiterai me faire violer puis tuer, je me rendrai dans ce parking.
En attendant, je paye mes 100 euros par mois avec le sourire.
lundi 26 novembre 2007
Le chéri et ses migraines.
Conversation hier entre le chéri et moi même.
- Rah, ma chérie, j'ai trop mal au crâne.
- Tu as tout le temps mal au crâne quand tu as trop bossé la semaine mon amour.
- Non, en fait, je crois que j'ai mal quand je suis contrarié. Et comme on s'est un peu engueulé hier soir, je crois que ça vient de là.
- ...
Le soir, après deux heures de ménage.
- Dis, mon chéri, tu as toujours mal au crâne ?
- Non c'est passé ...
Et la chute :
- Ah, dans un appart propre, je revis moi, c'est un vrai bol d'oxygène... D'ailleurs, je crois que c'était pour ça que j'avais mal au crâne. J'étais surement inconsciemment contrarié que l'appart soit sale.
Croyez vous que l'élu de mon coeur soit parfois sévèrement atteint du bulbe ?
jeudi 22 novembre 2007
Etourderie et autres tracas pubiens.
Ce matin, à moitié dans la lune, je décide tout de même de reprendre le travail.
A mi chemin, je me rends compte que mon état est finalement loin d'être satisfaisant, mais ayant du pain sur la planche, je remue mon gros fessier et continue ma route.
Arrivée à l'université, je m'arrête au bureau de tabac, demande des cigarettes pas chères car celles que j'ai l'habitude de fumer en France n'existent pas ici. Je paie. Cherche à faire l'appoint.
Je me rends de ce pas au labo.
Me mets au travail.
Une heure et demi plus tard, mes collègues me proposent de fumer. J'accepte et me mets à chercher mes cigarettes.
Pas dans mon manteau. Pas dans mon sac non plus. Ni même dans les poches secrètes. Ni dans mon bureau.
Et c'est alors que j'envisage la chose la plus stupide mais finalement la plus réaliste lorsque l'on me connait : j'ai oublié de prendre mes cigarettes après avoir payé.
Je me précipite vers le bureau de tabac en espérant que la personne qui m'aie servie soit toujours là, et puis, tout de même chanceuse, repars avec mes deux paquets de cigarettes pré-payés.
Cette étourderie ne m'étonnerait finalement pas plus que cela si je n'en avais pas accumulé des tonnes depuis 3jours.
Pour exemple, le chéri me donne son numéro de chambre d'hôtel. Je rappelle immédiatement, tombe sur le standard et ... suis dans l'incapacité de me souvenir du numéro.
Dans le même registre, le chéri me donne un prix à écrire, je raccroche, puis le rappelle 1 minute plus tard pour qu'il me rappelle le montant.
Plus drôle car bien plus ridicule, je prends en main la tondeuse il y a deux jours, pour "me rafraichir ma toison pubienne" (désolée pour le détail, mais je me devais de le préciser, cela va de soi) (en parlant de cela, j'avais pour habitude de couper cela aux ciseaux, et depuis l'arrivée du chéri et par la même ma découverte de la tondeuse, je ne suis plus la même femme et ose ainsi conseiller à toutes les femelles de se munir d'une tondeuse à poils pubiens) (ok, je reviens au sujet initial). Je mets en marche la machine, et d'un coup franc, m'attaque à la fameuse toison, jusqu'à m'écrier, candide, quelques secondes plus tard :" dis mon chéri, tu as vu cette motte qui tombe ! Dis donc, je pensais pas qu'ils étaient si longs"... avant de m'entendre dire, par le chéri, que j'ai simplement oublié de mettre un sabot à la tondeuse.
Et c'est ainsi que Pink', clairement harcelée par son étourderie, est temporairement estampillée à coup de "trou de poils pubiens" pour être le plus gros boulet que la Terre aie porté.
mercredi 21 novembre 2007
...
Je suis malade. Depuis deux jours.
J'ai passé mon week end loin du chéri, à dépenser près de la moitié de mon premier salaire en fringues et cadeaux en tous genres. Il n'y a pas à dire, cela fait du bien.
Un week end, c'est bien trop court pour profiter des gens qu'on aime, et j'en viens à cette conclusion à chaque retour chez moi.
Comme tout le temps lorsque je suis malade, je broie du noir.
Je suis fatiguée, j'aspire à ne rien faire et me prendre quelques jours de congé. Malheureusement, je n'ai pas de congé avant Noël, et il faut que je fasse quelque chose.
Je crois qu'en ce moment, je ne suis pas au top de ma forme. Depuis quand, je ne sais pas. Depuis le temps où je repense à mon père très probablement. Oui, en fait, lorsque j'y réfléchis, cela correspond assez bien.
Pour couronner le tout, le chéri, qui, jusqu'à présent, ne travaillait que peu, est maintenant appelé constamment et doit, par conséquent, s'absenter deux nuits pas ci, une nuit par là, se lever à 4h du matin une fois, pour ne rentrer qu'à minuit le soir, le tout en repartant 5heures plus tard le lendemain.
Je dois dire que ce rythme de vie commence à m'agacer. Certes, cela me permet de garder une certaine indépendance que j'affectionne particulièrement, mais je me retrouve parfois à être plus seule qu'avec lui.¨
Pour ne citer qu'un exemple, il est parti vendredi soir, et ce, jusqu'à dimanche soir minuit. Nous avons passé la nuit de dimanche à lundi ensemble, puis il n'est rentré que mardi soir à 20h, pour repartir ce matin et être absent jusqu'à vendredi soir.
Ce qui est ridicule est que j'ai parfaitement conscience que cela n'est que provisoire et que, rapidement, tout cela sera plus "régulier" même si, au final, il sera absent une semaine sur deux.
ll y a quelques mois, j'étais sure de pouvoir supporter ce rythme de vie, mais aujourd'hui, j'avoue avoir quelques doutes à ce sujet. Je l'aime très fort, et c'est justement pour cela qu'une absence aussi fréquente m'est pénible.
Encore plus à une période où je broie du noir.
A la fois, lorsqu'il est là, je ne lui dis pas que je broie du noir. Parce que c'est un homme qui a la vilaine tendance à rejeter tout ce qui est psychologique.
Aussi parce que, lorsqu'il est là, je broie moins du noir, soyons franc.
Puis aussi parce que je ne le vois pas beaucoup ces temps ci, il rentre fatigué, et que je me retrouve avec d'autres priorités que celles de me plaindre pour quelque chose qu'il s'est passé il y plus d'un an et demi, et sur lequel je devrais avoir tourné la page.
jeudi 15 novembre 2007
La passivité, cette personne étrangère.
J'avais commencé un article que je n'ai pas eu le temps de finir, et aujourd'hui, il est périmé, donc tant pis.
Je déménage dans deux semaines, et je suis de plus en plus impatiente. En même temps, je réalise qu'il y a nos deux noms sur le bail et qu'en cas de rupture dans un futur proche, cela sera rapidement compliqué.
Je réalise aussi que s'il y a rupture un jour, elle ne viendra très probablement pas de moi, tant ce que je ressens pour lui est simple et profond.
Et je dois dire que depuis que je réalise cela, j'ai des accès de psychose aigue, entre deux moments d'insouciance relative.
Lorsque j'avais consulté un psychologue pour mon fameux "problème alimentaire", ainsi qu'un médecin pour soigner mon mal être de l'époque, ils m'avaient tous les deux affirmé la même chose : vous aimez avoir un contrôle sur les choses, et vous vous sentez perdue dès que vous ne l'avez plus.
Sur le coup, j'avais trouvé cela relativement vrai, mais ne trouvais pas d'exemple pour autant. Aujourd'hui, par contre, je comprends tout le sens qu'a cette phrase et, surtout, tout ce qu'elle implique. Je crois que si je ne me retenais pas, il y a des jours où je pourrais me détacher du chéri pour la simple raison de ne plus être en position de "faiblesse", et garder ce "contrôle" qui m'est apparemment très cher.
Je me rends compte que je suis sincèrement à la masse et que je suis dans le faux, mais toujours est il que j'ai du mal à me faire à l'idée de me "laisser guider" ainsi qu'à celle d'éventuellement "subir".
Mais je vais apprendre.
vendredi 9 novembre 2007
Gland, glandeur, glandouille.
Il est 19h.
Après une légère grasse matinée en compagnie du chéri jusqu'à 9h, je suis arrivée au labo à 10h30.
A 11h30, j'ai décidé de gueuler contre mon agence de location, puis fort heureuse, j'ai appelé le chéri, puis ma mère.
J'ai finalement terminé mes conversations téléphoniques à 12h30, heure à laquelle j'ai mangé, et ce, jusqu'à 13h30.
J'ai ensuite participé à la conversation fort animée suite à l'obtention d'un résultat par mon maître de thèse.
Et j'ai finalement décidé d'être productive en me plongeant dans ma lecture scientifique.
A 16h, j'ai été appelée pour que l'on m'explique un projet qui débute, et que je pourrais peut être, à plus ou moins long terme, récupérer. Ceci jusqu'à 17h30.
Cette après midi s'est terminée par une discussion à des fins plus ou moins scientifiques (souvent plus moins que plus d'ailleurs), et à 18h45, j'ai fait une pause de 15minutes pour aller fumer.
Cette journée fut donc d'une oisiveté à faire pallir une marmotte qui hiberne.
Mais le coté négatif de tout cela est que j'ai encore une manip à faire, et que je me retrouve avec 5 articles d'une longueur déprimante à lire avant lundi.
Le tout, bien sur, avec un chéri présent une partie du week end, ce qui n'était pas prévu.
Je sens que je vais regretter de faire une thèse dès demain.
jeudi 8 novembre 2007
Aspirateur et autres aspirations.
Aujourd’hui est ce que l’on appelle un jour « sans ».
Un jour « sans » est un jour où l’on se lève sans trop savoir pourquoi, va au boulot en languissant déjà la fin de la journée. C’est aussi un jour où, sitôt arrivé au travail, on manque cruellement de productivité, et se lasse de tout .
C’est un jour où on aimerait rentrer chez soi et être seule.
Pourquoi ?
A vrai dire, je n’en sais rien.
Il y a des jours comme cela. La semaine est longue, le week end dernier fut pourri car esseulée, ce week end le sera probablement aussi car surchargée, et peut être même une fois encore esseulée.
C’est très certainement stupide, mais j’ai passé ma journée à ruminer cette histoire d’hôtel. Et dans le fond, je ne vois pas franchement ce que je reproche au chéri.
Vouloir passer un week end « luxueux » ?
Non.
Non, en fait, ce n’est pas week end luxueux, car, en soi, je trouverais cela très mignon de sa part.
C’est plus cette notion de « je ne dors que dans le luxueux » qui me dérange.
Je n’aspire pas à devenir ce qu’il aspire à devenir. Je n’aspire pas à prendre toutes mes vacances dans des hôtels aux prix indécents, je n’aspire pas non plus à avoir un budget nourriture extravagant, pas plus que je ne tiens à vivre différemment du français moyen .
Sans vraiment savoir pourquoi, j’aspire à rester socialement « normale » et à être comprise par le maximum de mes congénères.
Mieux, je n’ai pas envie de mener une vie différente de celle que j’ai eu l’occasion de mener jusqu’à lors, avec des parents aux salaires très modérés.
Tout simplement parce que cette vie, je l’aime.
J’aime me dire que j’ai économisé pendant plusieurs mois pour partir en vacances. J’aime me rendre dans des endroits simples, de façon à profiter au maximum des gens avec qui je suis. J’aime me faire plaisir, en sachant que je ferai attention dans d’autres domaines.
J’aime chercher les prix les moins chers et me dire que j’ai fait une affaire.
J’ai aussi la nette impression que les gens trop aisés ne savent pas apprécier le bonheur. Ils ont besoin d’artifices, de beaux hôtels, ils sont capables de rester avec quelqu’un pour des raisons financières, et j’en passe.
Moi je n’ai pas besoin d’artifice pour être heureuse, pas plus que l’argent ne sera capable d’avoir une quelconque influence sur ma vie sentimentale.
Tout cela manque cruellement de profondeur à mes yeux.
Je n’ai pas envie de devenir ce genre de personne.
Oui, inutile de tortiller plus longtemps, aujourd’hui est définitivement un jour « sans ».
mercredi 7 novembre 2007
Histoire d'hôtel.
Comme je l'ai déjà dit moult fois ici, le chéri et moi possédons une notion ainsi qu'une opinion sur l'argent complètement différentes. Parfois, je me dis que cela finira peut être par nous séparer. Puis à d’autres moments, je me rends compte qu’il entend ce que je dis à ce sujet, et en prend note même.
Il est par contre évident qu’il entend souvent, mais qu’encore plus souvent, son instinct de riche bourgeois reprend allègrement le dessus.
Ainsi, depuis plusieurs jours, le chéri souhaitait organiser un week end à Barcelone pour nous deux.
Hier soir (après avoir signé le bail du nouvel appartement dans lequel nous emménageons début décembre … non non non je ne jubile point du tout !!), alors que nous étions en train de savourer un gros steak chacun, le chéri m’apprend, tout excité, qu’il a trouvé un hôtel à Barcelone qui nous couterait la modique somme de 250euros pour deux nuits.
J’enchaine alors rapidement par une réponse peuplée de mots vulgaires, dont l’idée principale était que cela me paraissait parfaitement hors de prix, le tout en agrémentant cela d’un rire, signifiant à quel point je trouvais cela aberrant.
C’est alors que dans un grand moment de solitude, le chéri m’explique qu’il était tout content car, justement, il ne trouvait pas cela cher, et s’attendait à payer facilement le double. Il ajoute que l’hôtel est un 4étoiles, et possède une piscine et un truc haut de gamme que j’ai déjà oublié tellement je ne fréquente pas ce genre d’endroits.
Je me lance alors dans une tirade visant à lui expliquer que nous pouvons trouver moins cher, de façon à pouvoir dépenser plus d’argent pour des choses dont on profite vraiment, puis je termine en lui donnant une fourchette de prix, toujours trop chère pour moi certes, mais néanmoins plus raisonnable.
Il me rétorque alors que pour ce prix là, nous n’avons même pas un Novotel. Après m’être posée la question « Comment ça, MEME PAS un Novotel ? », j’ai rapidement compris que ce qui représentait déjà la grande classe en terme d’hôtel de mon coté n’était que le minimum syndical pour lui. Il a même ajouté qu’il « ne dormirait pas dans un standing en dessous du Novotel ».
J’ai enchainé en disant que « pour ce prix là, je passerai ma journée dans la chambre et utiliserai absolument tout ce que l’hôtel proposera ».
Il a terminé en proposant de payer lui-même l’hôtel.
Mais finalement, ce n’est pas de payer moi-même une somme exorbitante pour un hôtel dans lequel je serai seulement 8h par jour, qui me dérange, mais plutôt de me dire que chaque heure passée dans cet hôtel coûte, à moi ou à quiconque d’autre, 15,625euros.
dimanche 4 novembre 2007
Les sites de discussion, ou comment faire entendre un bruit à un sourd.
Il se trouve que mon chéri est pilote d'avion et que ses parents sont blindés. C'est d'ailleurs principalement sur ce point que nos avis divergent. Alors qu'il est persuadé que l'argent est important, et ne pense qu'à gagner plus, je me contente de mon salaire correct mais relativement modeste sans rechigner et pire, en étant contente.
Mes parents n'ont jamais eu d'argent, et je n'en ai jamais eu non plus.
Mes 5 années d'études ont exclusivement été payées par le CROUS et les diverses bourses que j'ai pu obtenir ça et là.
Pendant 3ans, j'ai vécu dans des taudits dans lesquels peu de gens seraient parvenus à vivre, et j'ai été heureuse dans ces lieux.
J'ai pu partir à l'étranger uniquement grâce à mon dossier scolaire.
Il se trouve aussi qu'à notre première rencontre avec le chéri, j'ai été mitigée. Je le trouvais mignon mais il dégageait un coté bourge qui me déplaisait fortement. Je le trouvais très sympa, mais il avait des propos concernant l'argent et les gens qui n'en avaient pas que je trouvais parfaitement révoltants. L'entente étant quand même là, nous nous sommes embrassés à la fin de soirée, et de là est partie notre histoire. Pendant longtemps, nous nous sommes disputés concernant l'argent, et encore aujourd'hui, j'avoue être apeurée de rencontrer ses parents, en particulier son père, avec qui j'ai peur d'avoir une vision des choses totalement différente.
Pour exemple, alors que le chéri pense qu'il est normal qu'une femme ayant un mari riche mais ne l'aimant pas se refuse à le quitter pour ne pas changer sa condition sociale, je trouve cela parfaitement intolérable.
Je crois en l'amour sincère entre deux êtres, et ne comprends pas les dames vénales.
Aussi, je m'emporte très facilement lorsque, sur un site à la con peuplé de gens stupides, un militaire frustré de n'être jamais parvenu à être pilote de chasse me titille jusqu'à plus soif en me forçant à "avouer" que je suis vénale.
A la fois, il est évident que si je sors avec un pilote, c'est parce que le boulot est prestigieux, qu'on gagne du fric, et qu'il a une belle gueule.
Lorsque j'explique que ce n'est pas le cas, on déforme mes propos en disant "oui tu l'as trouvé mignon quand tu as su que ses parents étaient riches", ou par "si il n'avait pas été pilote, ne me dis pas que tu en aurais été amoureuse".
Bien sur, il est évident que l'on est amoureux de quelqu'un pour le boulot qu'il fait et le fric qu'il ramène à la maison, et non pas parce qu'il a des qualités évidentes.
J'ai, par malheur, essayé de me justifier pour ouvrir ce connard au monde des filles non vénales. Peine perdue. Car forcément, comme il me le répètera 10fois, avant de m'accuser d'un "sérieux manque d'éducation" lorsque je me permettrais un jugement sur sa personne, il a 38ans, donc beaucoup plus d'expérience que moi. A partir de là, il apparait également évident que je lui dois le respect.
Le respect. Il ne manquait plus que ça. Respecter un abruti, qui a déjà passé 38ans de sa vie à être abruti et qui passera très probablement les 38 autres années à rester aussi borné et stupide.
Ce qui m'agace dans tout cela est non pas la bétise et frustration évidente dont fait preuve ce mec, mais plutôt mon altruiste légendaire qui m'a poussé à me justifier pour lui faire comprendre quelque chose, et par conséquent à me coucher très tard ce soir, alors que je suis supposée devoir beaucoup travailler demain.
Parce que finalement, la chose essentielle de la vie que j'avais oublié, est qu'un con se caractérise toujours par le fait de ne jamais changer d'avis, même lorsqu'on lui apporte la preuve irréfutable qu'il a tort.
Il est aisé de comprendre qu'une nana qui s'est tapée 5 ans d'études pour finalement se retrouver dans la recherche, et, par conséquent, cantonner volontairement sa vie à être pauvre ou normalement pourvue en argent, ne puisse voir sa vie autrement que par l'association avec un riche pilote.
C'est bien connu que les chercheurs sont intéressés par le fric nom de Dieu.
Alors voilà, j'ai perdu mon temps à expliquer quelque chose à quelqu'un qui ne comprendra jamais.
Le triste bilan de cette histoire est qu'il ne faut jamais oublier qu'un con ne s'éduque pas, pas plus qu'il ne peut s'élèver à un niveau supérieur.
samedi 3 novembre 2007
Lettre à quelqu'un que l'on n'oublie pas.
Il y a un an et demi, tu partais, comme cela, en nous ayant dit au revoir un mois auparavant. Tu partais décharné, tuyauté et en réalité déjà décédé.
On m'avait prévenu qu'il y avait plusieurs phases dans l'acceptation de ton départ. Le déni tout d'abord, suivi par une phase de rancune, d'idéalisation puis de tristesse et de manque. Puis la dernière phase, où finalement tout se tasse.
Contre toute attente, moi qui suis d'habitude si lucide, et bien j'ai été comme tous ces cons et ai cru que tu allais revenir. Parfois je me disais que cela n'était pas arrivé et que je finirais par te croiser au détour d'une rue. Puis j'ai eu aussi cette désagrable impression de t'avoir constamment derrière moi, une présence morbide qui m'épiait sans cesse.
Peu à peu, j'ai remis les pieds sur terre et ai compris que tu ne reviendrais pas.
Par contre, je ne t'en ai jamais voulu. Pourtant, ce n'est pas comme si ce n'était pas de ta faute ce cancer, ce n'est pas comme si tu ne l'avais pas cherché en te gonflant les poumons pendant des années de doses parfaitement indécentes de nicotine. Je ne t'en veux pas, et ne t'en voudrai probablement jamais, car je sais à quel point tu as souffert à l'idée de nous planter là.
Je ne t'ai jamais idéalisé non plus à vrai dire.
Depuis quelques temps, on dirait que j'ai franchi une nouvelle étape, celle du manque. Comme me prévenait tout le monde, je commence à oublier ces vilaines images de toi décharné, pour ne me rappeler que des bons moments. Je suis par hasard tombée sur des photos de toi il y a plusieurs semaines, et cela m'a donné l'impression d'un autre monde. Maintenant, tout est différent, si différent.
Cela dit, je pense que tu serais content de l'évolution de chacun. Maman a finalement refait sa vie très rapidement, avec quelqu'un que tu aurais sans aucun doute beaucoup aimé. Elle se lance à présent dans des projets d'achat et d'investissement. Un frère a muri, l'autre trouvé une copine et obtenu son permis du premier coup. Quant à moi, j'ai poursuivi mon chemin, malgré une période de flottement. J'ai finalement eu tout ce que je voulais, et même bien plus.
Mais tout cela, je pense que tu le sais déjà. A l'époque, il y a maintenant presque 6 mois, maman venait souvent te voir. Au début, elle pleurait, puis elle t'a remercié d'avoir mis quelqu'un de bien sur sa route. Puis une fois, elle est venue te voir, et t'a demandé de t'occuper de moi, qui me sentais bien seule à l'époque.
Le lendemain, je faisais la rencontre de TopGun, et l'embrassais.
Oui, ce sont très probablement des coïncidences, toi même tu n'y aurais pas cru d'ailleurs, mais comment se fait il que tout se passe bien depuis que tu n'es plus là ?
Depuis quelques temps, aussi stupide que cela puisse paraitre, j'aspire à entrer en contact avec toi. Pas pour avoir de longues conversations, mais juste pour être sure que tu es là, que tu vas bien. Je sais que tu es là, mais pourtant, mon cerveau cartésien m'empèche d'y croire.
Puis aussi parce que, pour la première fois depuis un an et demi, tu me manques.
Ce Noël sera différent des autres. L'an dernier, nous l'avions passé avec de la famille, qui refusait de nous laisser seuls pour notre premier Noël sans toi. Finalement, ça a été pire pour tout le monde, car chacun de nous a eu l'impression d'être un clochard qu'on héberge pour Noël mais que l'on remettra dans la rue le lendemain.
Cette année par contre, nous passerons un Noël "en famille". Avec notre nouvelle famille du moins. Maman, les frères, moi, et puis le copain de maman et probablement ses enfants. Le premier Noël de famille recomposée en somme.
Crois tu que nous soyons obligés de faire des cadeaux à tout le monde ? Oui, ça serait mieux, ça prouverait qu'on s'accepte les uns les autres et qu'on est unis, comme une vraie famille.
Et pourtant, même lorsque je me fais violence pour accepter tout ce petit monde et m'adapter à cette nouvelle famille, je réalise douloureusement qu'elle ne sera jamais la mienne.
Ce n'est pas que je les aime pas, au contraire, ils sont tous très sympas, lui est vraiment adorable et très drole, ses enfants voudraient être mes frères et soeurs, bref, la famille reconstituée idéale.
Et pourtant je n'y arrive pas.
Ah oui, puis je ne t'ai pas dit, maman s'est engueulée avec la seule partie sympa de sa famille. Ils l'ont accusé de torts aberrants, de façon parfaitement honteuse. Le fond était laid, mais la forme était atroce. Elle a eu très mal, j'ai mis mon grain de sel, on a été accusé de former "un clan", puis avons été jugés comme impolis et non respectueux. Puis ils ont finalement déclaré maman "psychologiquement malade".
Ca, autant te dire que ça m'a bien fait rire venant d'une dépressive chronique, et d'un vieux aigri.
J'aurais aimé que tu sois là, juste pour les remettre à la place qu'ils méritent.
Mais tu n'étais pas là, alors j'ai essayé, et essaye toujours, de le faire à ta place.
Dans 15jours, je serai tout proche de ton urne. Je tiens absolument à prendre un peu de mon temps pour passer te voir, nettoyer ton bout de béton et y remettre les cailloux et fleurs que les visiteurs d'un de tes voisins t'auront très certainement "empruntés".
J'attendrai d'entendre ou de voir quelque chose de ta part, jusqu'à réaliser tristement qu'il n'y a plus qu'un trou immense rempli par le néant.
